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Business Partners For Development Groupe eau et assainissment
Port-au-Prince, Haïti : Restructuration du service public dans les bidonvilles

Acteurs

Le projet de Haïti est unique au sein du BPD à deux niveaux : d'une part l'opérateur est un service public et d'autre part aucune multinationale n'est présente à titre officiel au sein du partenariat. En effet, le partenariat regroupe la CAMEP, le GRET (une ONG française) qui travaille en lien avec le GRET Haïti, les comités locaux de gestion de l'eau de 37 bidonvilles et les communautés elles-mêmes. Par le passé, quelques multinationales ont apporté leur soutien technique à la CAMEP. Un certain nombre de petits fournisseurs privés ainsi que les bailleurs de fonds (principalement l'Agence Française de Développement (AFD) et l'Union Européenne) sont également impliqués dans ce projet.

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Acteurs
Description du projet
Contexte
Bénéficiaires du projet
Objectifs et structure du partenariat
Rôles et responsabilités
Relations avec la communauté
Mode de communication et feed-back
Evolution et institutionnalisation
Résultats
Points forts
Perspectives et transposition
Enseignements généraux
Description du projet

Le projet permet l'adduction en eau potable des quartiers par des bornes fontaines reliées à des châteaux d'eau. La gestion est assurée par les comités de gestion de l'eau qui emploient un gérant de bornes fontaines pour distribuer l'eau et collecter le paiement des usagers. La borne fontaine elle-même est construite selon un projet bâti en partenariat avec le service public, la CAMEP, sur un modèle proposé par le GRET et avec le soutien de la communauté. Elle fonctionne quotidiennement à heures fixes et pendant un temps donné. Les comités de gestion achètent l'eau en gros, réservent une partie de leurs ressources pour l'entretien des bornes fontaines et participent au financement de plusieurs autres projets de développement locaux.

^haut^ Contexte

Pendant longtemps, Haïti a souffert autant sur le plan économique que sur le plan politique. Cependant, recemment l'économie était plus stable et des élections nationales ont eu lieu en novembre 2000. L'impact de ces élections sur le projet serait probablement minimal. Il existe un effort de décentralisation de la responsabilité pour l'approvisionnement en eau au plus bas niveau possible, y compris au niveau des comités locaux pour l'eau1. Un organisme régulateur pourrait aussi être créé. Récemment, des débats ont porté sur une éventuelle implication du secteur privé pour aider la CAMEP sur des points spécifiques.

Bénéficiaires du projet

La population de Port-au-Prince s'élève aujourd'hui à environ deux millions d'habitants, soit dix fois plus qu'il y a trente ans. Il existe un fort taux de chômage et les habitants des bidonvilles ont peu de chance de trouver du travail2. Au commencement du projet, la violence était répandue aux bidonvilles. Le recouvrement des coûts est cependant relativement élevé grâce, en partie, à l'implication de la communauté dans le projet mais aussi grâce au système d'achat d'eau en gros et du paiement à la borne fontaine (de plus, les bornes fontaines sont bien moins onéreuses que les petits vendeurs privés et elles sont plus sûres que les sources locales très polluées). Le projet bénéficie à ce jour à environ 600.000 personnes dans 37 communautés différentes.

^haut^ Objectifs et structure du partenariat

L'objectif premier du projet est d'approvisionner les familles pauvres en eau potable régulièrement à un prix raisonnable et de manière soutenable. Par voie de conséquence, une infrastructure sociale se développe et grâce à elle d'autres objectifs de développement peuvent être atteints (par exemple une augmentation de l'autonomie des communautés). D'expérimentale, la relation entre la CAMEP et le GRET s'est officialisée et relève maintenant d'un protocole d'accord qui permet à la CAMEP de sous-traiter certaines activités spécifiques au GRET dans des communautés données. De plus, le rôle des comités de l'eau quant aux aspects financier et administratif des bornes fontaines est régi par des contrats entre la CAMEP et chaque comité.

Rôles et responsabilités

La CAMEP est directement responsable du financement des infrastructures urbaines, du développement du système, de sa bonne marche et de l'entretien. Elle fournit l'eau en gros au moyen de compteurs, gère la facturation, les contrats et toute l'infrastructure sociale. Le GRET, quant à lui, coordonne l'infrastructure sociale et forme le personnel de la CAMEP. Les comités d'eau emploient le gérant des bornes fontaines et décident de quelle infrastructure se doter. Les habitants contribuent également au projet en fournissant de la main d'œuvre pour la construction.

^haut^ Relations avec la communauté

La participation de la CAMEP se fait en majorité par son unité de coordination des quartiers défavorisés (unité service spécial). Le profil (et le professionnalisme) de cette unité n'a cessé de s'améliorer au cours des dernières années. Elle est en contact direct avec 37 comités créés spécifiquement pour gérer l'approvisionnement en eau. Ces derniers intègrent en leur sein les représentants des groupements et associations communautaires les plus importants (partis politiques, églises, associations pour la jeunesse etc.). Leur mission est de gérer la vente de l'eau et de régler d'éventuels conflits. Grâce aux marges sur la vente d'eau, ils peuvent financer des projets locaux (aires de jeux, salles de réunions, infrastructures assainissement, etc.). Ces projets renforcent leur légitimité. Les comités ont également reçu une formation comptable et financière.

Mode de communication et feed-back

Des discussions informelles à différents niveaux entre les organisations permettent la mise en place d'un consensus. La CAMEP et le GRET sont tous deux des atouts majeurs soutenant le projet de part la qualité de leur leadership. La prise de décision se fait en négociant les contrats de sous-traitance. Des ateliers de travail communs ont également permis l'établissement d'un consensus. Enfin, le professionnalisme de l'unité de coordination de la CAMEP a permis d'instaurer une nouvelle dynamique de groupe non plus basée sur une relation informelle entre le GRET, la CAMEP et les responsables locaux, mais au contraire sur un protocole d'accord et une politique contractuelle beaucoup plus officielle.

^haut^ Evolution et institutionnalisation

Un professionnalisme plus important de l'unité service speciale, une amélioration de ses compétences et la priorité grandissante donnée à ses objectifs ont tous contribué au changement du rôle de la CAMEP au sein du projet. En effet, la CAMEP est maintenant devenue l'acteur principal. Le GRET, qui était à l'origine du projet, s'est petit à petit retiré de la gestion quotidienne des activités pour se concentrer sur la supervision du projet et la défense des intérêts des usagers. Les comités de gestion de l'eau sont devenus de plus en plus puissants et se sont également davantage politisés. Par voie de conséquence, leurs objectifs se sont modifiés.

Résultats

Aujourd'hui, 37 communautés (ce qui représente environ 600,000 personnes) gèrent efficacement un service d'approvisionnement en eau régularisé et beaucoup moins onéreux qu'auparavant. De plus, il existe des mécanismes garantissant la participation de la communauté et lui permettant d'exprimer ses besoins. Le financement du projet s'appuie sur un taux de recouvrement proche de 100 % et sur des fonds émanant de l'Union Européenne et de l'AFD. 20% des fonds collectés sont réinvestis dans des projets locaux. Entre autres, on remarque également une baisse du vandalisme, une diminution des branchements illégaux et de la violence ainsi qu'une augmentation du poids de la communauté (qui d'autre part est mieux représentée).

^haut^ Points forts

Des motivations claires pour la CAMEP et les comités de gestion; un engagement solide; des responsabilités et des rôles clairement définis; des réussites évidentes; l'intégration à d'autres projets communautaires grâce aux comités; une solution aux très importants problèmes sociaux à l'intérieur même des communautés; la réunion de tous les groupes communautaires les plus importants; un approfondissement du débat sur le développement communautaire.

Perspectives et transposition

Se pose maintenant le problème de la définition du rôle actuel du GRET. On prévoit un partenariat entre le GRET et l'unité service speciale dont le but serait la mise en place et la gestion d'un programme d'assainissement dans les 37 bidonvilles. A l'heure actuelle, il existe une forte demande des communautés ne bénéficiant pas du service, bien que la CAMEP se soit engagée à consolider et à améliorer le service qu'elle fournit dans les communautés desservies actuellement avant de s'embarquer dans des projets de réplication ou d'expansion. (Malgré tout, l'expansion d'un original 14 à 37 communautés démontre le fort potentiel de ce modèle). Le financement de telles réplications pose problème. On ne connaît également pas la capacité des comités à assurer la pérennité d'un projet.

^haut^ Enseignements généraux

On pourrait tirer les enseignements généraux suivants

  • définitions diverses de la notion de succès et du moment où le projet est terminé
  • changement du rôle de l'ONG (de responsable de la mise en place du projet à l'origine devient contrôleur du projet et défenseur de la communauté
  • importance d'un engagement solide des individus et organisations qui se font les avocats du projet
  • importance d'une définition claire des rôles et des contributions de chaque partenaire

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(Dernière mise à jour : 02 novembre 2001)
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